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Le Musée Borély

Un an après sa réouverture, la bastide de Borély s’ouvre aux outils numérique via le projet « Hacking Borély ».

Réouvert en juin dernier, le Musée Borély avait déjà fait sensation par la mise en scène de ses collections des Arts Décoratifs, de la Faïence et de la Mode. Christine Germain, conservatrice du lieu, avait choisi de mixer subtilement les objets classiques à des œuvres plus contemporaines. Cette année, le musée va plus loin et devient un territoire d’expérimentationpour répondre à une problématique simple :comment faire revenir le jeune public ? Tout en conservant les audio guides et les fiches de visite papier, le Musée souhaite ainsi mettre en place de nouveaux parcours bien plus interactifs, basés sur le numérique et les objets associés tels que les tablettes et les smartphones.
« Entre 13/14 ans et 30 ans environ, c’est à dire l’âge auquel ils deviennent parents à leur tour, on perd tout ce public. Le défi, c’est de réussir à l’intéresser de nouveau pour lui donner envie de revenir sans que cela soit une obligation scolaire ou parentale », détaille Christine Germain. Et pour réussir ce pari, le musée s’associe à l’association Design the Future Now avec laquelle un premier travail interactif avait déjà été mis en place lors de l’inauguration de Borély.

De nouvelles pratiques pour séduire

« Il y a un décalage pour l’instant entre ce que le musée propose et les pratiques de ce public. Si l’on veut que ça marche, il faut que nous fassions un pas dans leur direction c’est à dire mettre en place de nouveaux dispositifs de visite qui découlent de ces usages qui sont devenus leur quotidiens », explique la conservatrice. Et pour faire émerger idées et prototypes, Design the Future Now a mis en place trois workshops ouverts au public, chacun axé sur une thématique particulière : Peaux numériques, Like vs Life et Mobilités 2.0. « Nous avons fait une visite de Borély avec des créateurs, des entrepreneurs, des designers et des gens intéressés par le projet en compagnie de Christine afin de déceler les points d’intérêts. À partir de là, nous allons réfléchir à des scénarios de visites prenant en compte ces points particuliers et permettant de leur amener une valeur ajoutée », résume Axelle Benaich, co-fondatrice de l’association. En s’appuyant tant sur l’histoire du Château que sur les collections, l’équipe de Design the Future Now a déjà quelques idées : un vestiaire numérique interactif contenant la collection Mode, des interactions en direct avec les réseaux sociaux, des audio guides collectifs, une chasse au trésor, des expériences sensorielles… Au total, une dizaine de projets devraient voir le jour, tous impulsés grâce à la mutualisation des idées et des compétences des participants des workshops. « Le but est double : intéresser davantage le public mais aussi faire revivre le musée et son histoire, le rendre encore plus attractif », souligne Axelle Benaich.
En juin prochain, soit un an après sa réouverture, le Musée expérimentera les prototypes retenus avec l’espoir de pouvoir les pérenniser. « Cette obligation de s’adapter à nos publics est salutaire. Nous devons prendre en compte leurs pratiques si nous voulons réussir à les séduire, à les interpeller de nouveau. C’est une expérience qui nous sera profitable à tous », conclu Christine Germain. A cette occasion – du 24 au 29 juin – l’entrée du musée sera gratuite.
Rendez-vous donc dans quelques mois pour découvrir le Musée Borély de demain.

Une bastide provençale classée monument historique

Daté de la seconde moitié du XVIIIe siècle, le château Borély est emblématique des demeures de plaisance construites aux alentours de la ville par les grandes familles marseillaises.

Une bastide provençale classée monument historique

Négociants prospères, installés notamment à Alexandrie, les Borély remplissaient également des fonctions officielles au service du roi de France.­ Fréquenté durant la saison chaude et les fins de semaine, Borély, situé dans le quartier de Bonneveine est considéré dès l’époque de sa construction comme la plus belle des bastides.
Chose rare, le château conserve encore aujourd’hui la majeure partie de son décor d’origine et certaines de ses pièces remarquables : salon doré, bibliothèque, chambre et chapelle.
La bastide
La façade demandée au célèbre architecte Clérisseau et dont le plan figure dans les collections des musées de Marseille, ne sera pas exécutée. Trop chargée sans doute, de bas-reliefs, de balcons et de statues, elle fut radicalement simplifiée. L’exécution en fut confiée à l!architecte local, Esprit Brun et terminée aux alentours de 1768. A la mort de son père, Louis Joseph Denis (1731-1784), homme cultivé et amateur d!art, poursuivra le dessein paternel, veillant notamment à la réalisation d!un riche programme décoratif à l!intérieur du château, achevé autour de 1778.  » Gaston de Panisse – Passis, fils héritier du Domaine Borély, le cèda en 1856 à la Ville et à l’industriel Paulin Talabot. En quelques années, la Ville devait alors acquérir outre la parcelle comprenant le château et ses collections, les terrains attenant à l’est puis la quasi totalité du domaine encore en la possession de la Compagnie des Docks.
La partie centrale du parc, confiée à Alphand, architecte paysagiste parisien, collaborateur du baron Hausmann est alors aménagée en parc public bordé à l’est par les serres de la ville, à l’ouest par le champ de course. En 1864, un nouvel espace public était ainsi offert à la population. Déjà, la promenade au parc pouvait s’associer à une visite du château et de son musée alors consacré aux collections d’archéologie. Le musée y demeurera jusqu’à son déménagement en 1989 pour les espaces de la Vieille Charité.

Musée des Arts décoratifs, de la Faïence et de la Mode, le château Borély présente désormais au public une sélection de 2500 oeuvres d’une grande diversité de techniques mobilier, céramiques, verres, tapisseries, objets d’art, objets exotiques rares, collections de Mode et d’accessoires du XVIIIe siècle à aujourd’hui.

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