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L'OM fini Verts

La dernière fois qu’André Ayew avait été aligné dès le coup d’envoi, Élie Baup figurait encore dans l’organigramme de l’OM. Un mois, quasiment jour pour jour avant l’éviction du technicien haut-garonnais (le 7 décembre), le Ghanéen disputait un match plein, à Naples, dans un rôle de relayeur, le poste qu’il affectionne. Malgré la défaite (3-2), le Black Starétait sorti du lot, en ouvrant notamment la marque à la 9e minute. Un rayon de soleil au milieu de la grisaille italienne.

Il en parlait depuis sa prise de fonction, mais estimait n’avoir pas assez de temps pour l’appliquer. A St-Etienne, José Anigo a enfin pu aligner sa défense à cinq, le schema qu’il maîtrise le mieux et qu’il utilisait déjà en 2004. Pour la plupart des entraîneurs français, et européens, ce dispositif est dépassé depuis belle lurette, mais on a vu ces dernières années quelques techniciens italiens le remettre au goût du jour, comme Conte à la Juve ou Mazzarri lorsqu’il dirigeait le Napoli. Deux équipes performantes et spectaculaires, mais dont le schéma se rapproche beaucoup plus d’un 3-5-2 très offensif. Plus Casanova que Conte Dimanche soir, même si l’OM est passé très près du gros coup, il faut reconnaitre que l’organisation marseillaise se rapprochait plus du TFC de Casanova que de la Juve de Conte. Un bloc ultra-renforcé destiné à éviter un bouillon type Gerland ou louis II, comme l’explique le consultant du Phocéen Bernard Rodriguez : « C’était un dispositif mis en place d’abord pour ne pas perdre, en essayant de jouer quelques coups, ce qui a été fait. Valbuena était positionné derrière l’attaquant, mais on a quand même vu un 5-4-1 en losange, plus qu’un 3-5-2 avec deux attaquants. » Il est vrai qu’après avoir encaissé 20 buts lors des 12 derniers matches, ce système a permis de contenir les latéraux stéphanois, même si le démarrage très laborieux aurait pu être beaucoup plus douloureux pour les Marseillais, avec un Diawara en difficulté pour son retour surprise dans le onze de départ : « J’ai vu vingt premières minutes assez compliquées, confirme Rodriguez, notamment parce que dans cette organisation à trois, il faut que les deux défenseurs centraux de côté, Diawara et Mendes, aient la capacité de se transformer en latéraux lors de la déformation du jeu (sic) et d’être responsables des couloirs. Or, on a vu que Diawara, dans ces situations, était en grande difficulté, et qu’il aurait même pu prendre un rouge après dix minutes de jeu. Passé cette mauvaise période, le bloc s’est raffermi et ça a beaucoup mieux coulissé. » Gignac esseulé Exact. Et la tactique a failli se révéler gagnante, à une petite minute près. Minute fatale aux deux stoppeurs mis sur le dos de Brandao sur ce dernier ballon dans la boite. Mais on peut regretter, et on le regrette d’ailleurs, de ne pas avoir mieux exploité la grande forme actuelle de Gignac en alignant à ses côtés un Thauvin toujours dangereux en deuxième attaquant : « Au lieu de mettre un milieu de terrain à trois, détaille Bernard Rodriguez, on aurait pu voir un couple de récupérateurs, Valbuena en vrai meneur, et une attaque Thauvin – Gignac. C’est aussi une bonne formule quand on joue à cinq derrière. Ca aurait donné plus de couleurs et plus de poids à Dédé Gignac, mais José a préféré rajouter un milieu pour sécuriser les côtés par rapport aux latéraux de St-Etienne. » Opération (presque réussie) et statu quo dans la course au podium. Enfin, pas tout à fait, car l’OM commence à sentir le souffle chaud des revenants lyonnais sur sa nuque. Des revenants plutôt fringants qui semblent avoir choisi de s’en sortir par le jeu. On verra à la fin du compte qui aura fait le meilleur choix.

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